Témoignage d'une relève
L’ENIM s’est adressée à nous, a ouvert des bras ornés d’amour, a prononcé ses mots : « je suis à vous corps et âme, votre avenir est ma préoccupation, votre nouvelle vie est certes ma mission, votre formation reste en tous cas ma noble fonction. J’ouvre pour vous alors les portes du savoir, la clé du pouvoir, battez-vous donc pour les acquérir, pour les avoir ».
Mais aussi étonnamment que cela puisse paraître, émotion et angoisse se sont-elles mêlées dans un début de cours éprouvant. Effectivement le 06/08/2008 l’ENIM nous ouvrit ses portes ; nos yeux suivaient, contemplaient et déshabillaient chaque petit coin de ce grand monde qui était déjà devenu, et sans l’avoir prévu, le notre.
Nous découvrîmes alors l’internat, notre nouveau toit, les buvettes, notre nouvelle oasis de détente et de rencontres, le restaurant qui s’était fait particulier avec son agréable terrasse, et puis ces grands jardins et ces grandes salles où la plus grande performance professionnelle nous était offerte.
Toutefois, un phénomène que la plupart d’entre nous ignorait totalement, avait commencé à se faufiler silencieusement entre nos oreilles mais qui n’avait pas tardé à se manifester : le bizutage. Les anciens de l’école, autrement dit à ce moment là : nos supérieurs, avaient pour mission de nous lancer dans une période d’intégration où certaines choses nous étaient permises et d’autres non. Une charmante terreur était à l’ordre du jour et les bizuts, nom auquel nous nous devions de répondre, avaient à respecter les règles, obéir aux ordres et être prêts à toute aventure tout en évitant le fameux traitement spécial.
Une nouvelle vie venait de commencer, nous étions là au milieu de tous ces gens à qui nous devions soumission, au sein de cette école qui nous abritait. Orgueil, égoïsme, complexes et hostilité avaient quitté nos âmes pour laisser place à de l’amour, de la modestie, de la sociabilité et de la serviabilité. Nous avions appris à nous connaître, partager nos soucis et apprécier nos moments de gaité. Cependant, une amitié assez particulière nous était encore inaccessible, celle de nos supérieurs qui ne nous inspiraient qu’angoisse et indifférence.
Vint alors une journée des plus inoubliables, la célèbre journée spéciale qui s’était faite ses fidèles et ses fugueurs mais qui mit fin au bizutage. Depuis, les choses prirent une toute autre allure, nous sentîmes plus de liberté, moins de règles et plus de joie.
Ceux qui étaient nos supérieurs étaient devenus à présent nos amis, notre soutien et notre nouvelle famille. Nos idées étaient devenues plus claires et certaines question avaient trouvé réponse : qu’est ce que l’amitié ? Qu’est ce que la tolérance ? Qu’est ce que l’aide ? Ne cherchez plus, laissez tomber vos dictionnaires. Relevez plutôt les pages de notre semaine d’intégration à l’ENIM, notre Envie Néhémique d’Intéresser nos Meusniers.
Meryem (1ere année)